Femmes de marin |
By Liliane V. Sierre/Suisse (30/11/2003) Accueil Arborescence Page précédente |
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J'admire les femmes de marins Inlassables attentes, nuits solitaires Leurs hommes en mer, en proie au Destin Leurs âmes balancées aux humeurs de la Mer L'absence renvoie l'Echo du Silence Au loin le bruit des vagues, mélodie nostalgique Refrain incessant, lien audible, accord des sens Infatigable remous, aux embruns sophroniques Combien de fois sur la plage, ombres furtives Auront-elles scruté l'horizon, attentes naïves Mille fois leurs lèvres meurtries auront prononcé A la Mer, ennemie ou alliée, ce prénom tant aimé Leurs hommes ont pris la Mer La mer a pris leurs hommes Mais elles savent bien que sur Terre Ils ne savent pas bien marcher, leurs Hommes Alors elles restent, patientes, fidèles A attendre ces pas sur la passerelle A attendre ces mains sur leurs dentelles A espérer ce corps à l'abri des chandelles Mais, les Femmes de marin ont appris de leurs nuits solitaires Que l'instant, que l'extase, les moments volés à la Mer Ne pourraient être si savoureux, passionnés et sincères S'il n'avaient pour déesse, l'attente insolente et amère Faut-il pour éviter la routine meurtrière, partir un peu Goûter au manque, aux rêves, aux souvenirs, jouer le Jeu Refuser la banalité, se perdre pour mieux se retrouver Entretenir ce Désir, garder les sens en éveil et le cur réchauffé Se laisser prendre au raz de marée, goûter intensément à l'Amour Seul maître à bord, jusqu'à l'aurore, et au matin d'un nouveau jour Savoir se séparer, sans se retourner, avec au fond du cur L'espoir de revoir à l'horizon, poindre le vaisseau du Bonheur |